Jérémie Grandsenne

La Coexistence
2016, 740 pages, 15,20 €

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Des ombres côtoient des futurs, et toujours des bus passent, et toujours ils prennent ou posent des filles, tandis que d’autres bus attendent sur le parking, alignés au central de la société de transports, et varie discrètement la couleur des maisons, et la météo, et le temps qu’il fait dans nos cœurs, tandis que nous rentrons de la piscine ou que notre parent vient de mourir.

La Coexistence est le titre d’un livre, parce qu’il a semblé à son auteur que c’était le titre de la vie humaine.

Le livre, écrit et modelé au long de dix années, se veut la forme globale et transmissible à l’autre, dans le désir un peu fou de lui être bénéfique, de notes sur la vie au sein de la rupture d’amour, et le sens qu’on y lit à la vie telle que l’amour peut nous l’apprendre, ou à l’amour, tel que la vie peut nous l’apprendre, de notes de voyage, de chemins de montagne, de personnes, de cygnes, de sensations et d’éphémères (du Japon, d’Islande, d’Allemagne de l’est, d’étés…), de textes à caractère philosophique et politique autour de la question du sens et de la situation de l’humain comme être, comme chemin, comme monde (en s’appuyant sur Peter Sloterdijk, Martin Heidegger, Nietzsche, Guy Debord…), ou cinématographique, artistique, musical (avec William Turner, Pierre-Auguste Renoir, Yasujirô Ozu, Kijû Yoshida, Jean-Sébastien Bach…), toutes ces formes et d’autres encore apparemment disparates et fragmentaires visant en réalité à se lier toutes ensemble le plus harmonieusement possible en situant l’être et la vie dans un monde, dans un avec l’autre, en affirmant la primauté de l’idée qu’être et vivre — et au-delà, peut-être, être heureux et vivre heureux — se situent toujours au sein d’une relation à quelque chose d’autre et quelqu’un d’autre : dans l’amour ou la perte d’amour, l’autour et la rencontre, la relation sociale et l’exploitation, dans le monde vivant, en soi-même…

Au-delà d’une quête de la vérité comme terrain multiple dont l’infinité d’angles irréguliers et inconciliables se résout peut-être, comme les champs de lave islandais, en une harmonie supérieure, l’enjeu de La Coexistence est le tâtonnement ou la mise à jour d’un chemin, ou de la possibilité d’un chemin, vers son propre désir, et vers sa propre vérité, au sein d’une relation à l’autre, et plus largement à l’altérité, avec pour horizon le bonheur au sein de la vie.


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Photo Charlotte H.